Visitons Coubeyrac

28 octobre 2012 par Marie-Simone

Dans l’arrondissement du Libournais et le Canton de Pujols, Coubeyrac sur 600 ha, avec 104 habitants, les Coubeyracais...

Le nom de Coubeyrac pourrait venir du personnage romain Cuperius.

L’existence de la paroisse remonte au moins au 11ème siècle comme en témoigne son église dédiée à Saint Philippe qui est à découvrir, au cœur d’un paysage remarquable, dominant la vallée de la Durèze. Saint Philippe à dominante gothique (de par le portail d’entrée Ouest et la partie nord), remonte cependant à la période romane comme on peut le constater par sa porte du flanc sud qui, restée longtemps murée, constitue un vestige du bâtiment initial datant des 11ème et 12ème siècles avec son tympan caractéristique.

Après les malheurs de la guerre de 100 ans et les épidémies de peste (1337 – 1453), au cours desquelles la moitié de la population a disparu, une forte augmentation de la démographie a exigé l’agrandissement de l’édifice aux 15ème et 16ème siècles. Il est à remarquer, avant d’entrer à l’intérieur, le rehaussement des murs nord et sud, l’allongement de la façade ouest, le clocher mur couronné d’un fronton brisé surmonté d’une croix en pierre, la cloche datée de 1842 et le contrefort plat roman à l’est. L’édifice se compose d’une nef unique, couverte d’une charpente et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul de four.

La façade nord du chevet qui présente une ouverture murée, servait d’entrée aux « cagots » (chrétiens intouchables ou réprouvés du Moyen-Age jusqu’au 19ème siècle dans le sud-ouest). Rappelons que les cagots, caste maudite de chrétiens, constitués de descendants d’anciens lépreux et de juifs convertis, étaient tenus de passer par une porte spéciale dans les églises.

Revenons à la façade sud et la porte, unique vestige roman longtemps condamnée : sous une corniche posée sur des modillons abîmés, les voussures moulurées abritent un tympan de l’église primitive. Il a servi de cadran solaire. Le linteau présente une frise gravée de 14 cercles imbriqués, gravés en méplat.

L’intérieur de l’église a été rénové récemment et a permis de remettre en valeur la charpente et de belles pierres. Un bel autel en pierre a été dégagé. Des vitraux modernes et du 19ème siècle agrémentent l’ensemble.

Sur le pilier côté gauche, on remarquera un chrisme et quelques signes gravés dans la pierre. Les chrismes sont ces dessins, symboles importants de l’église primitive, qu’il est fréquent de voir dans l’art roman gascon et pyrénéen, au-dessus des portails et au centre des tympans. Un grand cercle à l’intérieur duquel des traits semblent s’entrecroiser. En les regardant de plus près on peut en comprendre la signification car ils apparaissent généralement avec 2 compositions différentes. La première est faite de la lettre I et X (lettres grecques de Jésus Xristos). Elle est le plus souvent inscrite dans un cercle et constitue une roue à 6 rayons, ou à huit si l’on ajoute un diamètre horizontal. C’est un symbole cosmique et solaire mais il s’identifie surtout au Christ et à la chrétienté. La seconde est un entrecroisement des 2 premières lettres X et P du nom grec du Christ. Elle se distingue de la première par l’adjonction de la boucle du P et forme ce que l’on a appelé le monogramme constantinien, utilisé comme insigne par les armées de l’empereur Constantin.

Faisant face à l’église St Philippe, se trouve la petite mairie avec sa façade à 3 ouvertures hautes. La porte est surmontée d’une plaque commémorative des 2 dernières guerres, encadrée de feuilles de laurier et de feuilles de chênes. Un petit fronton couronne la partie centrale.

Derrière la mairie se trouve l’école, salle de classe unique, reposant sur un mur de soubassement. Désaffectée actuellement, elle sert de lieu de réunion.

Devant la mairie, un canon, probablement fabriqué comme canon naval à l’époque de la Révolution, pointe en direction de la Vallée. Bourré de poudre, de terres et de pierres, il faisait un bruit énorme et beaucoup de fumée. Il a sans doute servit durant la guerre de 30 ans et a été utilisé jusque dans les années 80 pour fêter le 14 juillet.

Sur les terres de Coubeyrac, au lieu-dit Mounot, anciennement « Lou Tarey » (le terrier), cachée par les frondaisons, on admire une croix, véritable calvaire, en fonte de Durenne, re-bronzée il y a quelques années à la diligence du conseil municipal.

Rappelons que les œuvres des fonderies d’art de Durenne ornent le monde entier : le pont Alexandre III, les statues, fontaines et luminaires partout dans Paris, le cheval et l’éléphant sur le parvis du Musée d’Orsay mais aussi la fontaine du Capitole à Washington, la Ross Fountain d’Edinbourg, d’autres œuvres au Canada, en Russie, en Amérique du Sud….

« Faire du beau dans l’utile » : telle était la devise de Durenne. Cette « croix de chemin » la plus belle de la région, aux branches trilobées repose sur un socle octogonal en pierre. Erigée en 1897, elle est ornée de thèmes bibliques : les évangélistes, l’agneau immolé, l’église dispensatrice du salut….. En cette même année était construite la Mairie, symbole républicain s’il en est. On peut se demander alors si cette belle œuvre n’était pas très simplement une tentative de ré évangélisation du territoire après les excès de la révolution. Pourtant, le mystère demeure quant au financement qui lui fut nécessaire….

Sur la commune de Coubeyrac, le domaine de la Jalgue a abrité au 19ème siècle une confrérie de marianistes, éducateurs d’orphelins. Chose rare à l’époque, les pensionnaires apprenaient l’équitation et la natation. Ils nageaient en particulier dans une piscine, actuellement encore visible bien qu’abandonnée, au milieu des près entourant le domaine qu’ils parcouraient à cheval. En 1905, lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les marianistes furent chassés et se réfugièrent en Espagne d’où ils étaient originaires. Seul souvenir de leur passage dans cette imposante maison, une statue de la Vierge à l’entrée.

Petite paroisse, petite commune, Coubeyrac n’en est pas moins très riche en histoire, en patrimoine et en caractéristiques géologiques, avec les nombreuses dolines (ou gobios) qui parsèment son territoire.

Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Suivre la vie du site RSS 2.0

Site réalisé avec SPIP 2.1.19 - Squelette ViaSPIP 2.1.10b