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Terres de Foy décembre 2017- complément 1

2 décembre 2017 par Marie France R

La naissance au Gabon

La naissance est un événement heureux, mais la femme vit selon la coutume avec de nombreuses restrictions, des règles mises en place pour le bon déroulement de la grossesse et la protection du bébé.

Dans toutes les cultures du monde, donner la vie est un acte important. Au Gabon, la fécondité est un signe, « une bénédiction ‘’des dieux’’ dont il faut s’attirer les bonnes grâces et écarter les menaces qui peuvent peser sur le bon déroulement de la grossesse ». Voilà pourquoi la naissance d’un enfant est un merveilleux événement souvent entouré de rituels destinés à le protéger d’éventuels mauvais sorts et à lui assurer une vie prospère. Ce sont des rites qui obéissent à un ordre social et celui qui se met en marge peut en subir les conséquences. Dans différentes cultures au Gabon, dès qu’une femme est enceinte, on dit qu’elle est imprégnée du monde invisible car l’enfant qu’elle porte vient de ce monde-là. On estime que la femme en grossesse est fragile et peut être la proie des mauvais esprits qui se serviront d’elle pour entrer en contact avec le monde réel ou faire du mal à son bébé. La plupart de ces esprits attaquent la nuit, d’où l’interdiction pour la femme enceinte de sortir la nuit. Elle ne doit pas voir des cadavres, éviter de consommer certains aliments, elle ne doit pas non plus hésiter quand elle franchit le seuil d’une porte ni croiser ses pieds lorsqu’elle est assise, au risque d’affecter le bébé ou d’avoir des soucis lors de l’accouchement.

Les femmes restent discrètes, dans la plupart des ethnies (60 environ) la présence du père est jugée comme néfaste au bon déroulement de l’accouchement, les hommes ne doivent rien voir, ni entendre. Le moment venu la parturiente et sa mère ou une tante se rendent à la maternité. Avant de s’y rendre, on fait boire à la jeune maman une décoction faite avec des écorces d’arbres pour accélérer les contractions et faciliter l’accouchement. Aujourd’hui les choses évoluent les jeunes s’installent en couple plus tôt et s’en vont même à la maternité ensemble. Dans les villages dépourvus d’hôpitaux, les accouchements sont pratiqués par des matrones choisies par la communauté. Dans les minutes qui suivent l’accouchement, un membre de la famille fait une prière au nouveau-né pour le placer sous la protection divine. Ensuite il y a le placenta qui fait l’objet d’un grand rituel, il est enterré discrètement près du domicile de la femme qui a accouché, on dit alors que le placenta qui a servi à nourrir et protéger le bébé pendant les neuf mois de grossesse est restitué à la terre. Il ne doit être enterré par une femme stérile et dans une position spéciale pour s’assurer que l’accouchée garde sa fécondité.

Après l’accouchement la mère et son bébé n’ont pas de contact avec l’extérieur, des membres de la famille vont s’occuper d’elle et du bébé. La mère et l’enfant auront des massages spécifiques, des bains de vapeur qu’on estime nécessaires pour ramener la beauté de la femme mises à mal pendant la grossesse. C’est trois mois après et au terme d’un rituel consacré qu’on les introduit dans le monde des vivants car « une croyance populaire dit qu’une femme enceinte est proche des puissances surnaturelles et vit au pays de la mort ». Il faut donc la réintroduire dans ce monde qu’elle a quitté pendant la période allant de la grossesse à l’accouchement et présenter officiellement le nouveau-né à la famille.

Un vieil adage dit ceci (en Afrique un enfant appartient à tout le monde dans le sens ou tous les adultes il les appelle : papa, maman, tonton, tata…)... .A cette occasion on met de l’eau dans une bassine, on asperge le bébé en signe de purification, puis on donne des présents.

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