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Terres de Foy - juin 2018 - supplément 1

1er juillet 2018 par Marie France R

Trois petites notes de musique…

« Trois mille six cent fois par heure la seconde chuchote » écrivait Baudelaire. L’angoisse du temps qui passe est universelle. Pour y échapper il y a l’art. Ainsi « la petite danseuse » : Degas l’a sculptée attentive, à l’arrêt, les mains jointes dans son dos. L’instantanéité de sa présence nous saisit. Plus quotidiennement la chanson, bien que dite « art mineur », peut aussi être une trace du temps qui passe. « C’est trois fois rien une chanson » nous dit Charles Dumont mais avec trois petites notes de musique, un jour « sans crier gare » nous revient en mémoire, ce que nous qui avions peut-être oublié. A la mort de Johnny Halliday, nombreux furent les témoignages de gens très émus. « Johnny, il était à mes booms, il était à mon mariage, à nos anniversaires, toujours avec nous quoi… »

Le chanteur, à travers ses disques, était le marqueur des moments de leur vie. Je fus très touchée lorsque ma fille choisit de terminer la cérémonie de son mariage avec « quand on a que l’amour … ». Cette chanson de J.Brel, avait accompagné mon adolescence et je la vivais alors comme une transmission de quelque chose en moi à ma fille qui s’en allait ce jour-là. La voix de celui ou celle qui chante trouve en nous des résonnances. « Dis quand reviendras-tu, dis au moins le sais- tu que tout ce temps qui passe ne se rattrape guère que tout ce temps perdu ne se rattrape plus ». Barbara avec son interprétation, son accompagnement musical est ici l’expression intemporelle d’une souffrance à laquelle il est facile de s’identifier et de se laisser pénétrer.

Qui saura mieux chanter que Léo Ferré ce que le temps fait aux souvenirs : « On oublie le visage et on oublie la voix, le cœur quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien » la poésie adoucit le chagrin de perdre ce que nous voulions graver dans nos mémoires et les mots y inscrivent un souvenir apaisé. Dans un centre bouddhiste une nonne, terminait la séance de relaxation en chantant « une chanson douce que me chantait ma maman… » il régnait sur la salle remplie d’hommes et de femmes de tous âges un silence de sérénité où tous s’abandonnaient à une tendresse maternelle retrouvée.

Et pourtant chante Ch.Dumont « la chanson ça dure à peine une saison … c’est comme un champagne, un frisson …mais dis-moi ce que nous ferions s’il n’y avait plus de chansons. » 

Nelly Ancelin

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